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Quand le courant passe

Recourir à un courant électrique de faible intensité pour traiter certains problèmes neurologiques ou psychologiques produit des résultats très encourageants chez certains patients, mais le mode d’action de cette intervention est encore entouré d’une aura de mystère. Des chercheurs de la Faculté de médecine viennent de jeter un nouvel éclairage sur la question en publiant, dans la revue Biological Psychiatry, une étude qui montre comment la concentration de certains neurotransmetteurs change, en temps réel, pendant une séance de stimulation transcrânienne à courant continu (STCC).

L’idée de faire appel à l’électricité pour le traitement de certains problèmes ne date pas d’hier. Des hiéroglyphes datant de l’Égypte ancienne et des écrits de philosophes de la Grèce antique décrivent l’utilisation de poissons électriques déposés sur la tête de personnes ayant des états émotionnels perturbés. «Au cours des dernières années, la STCC a refait surface parce que l’on cherche de nouvelles approches pour traiter les patients qui répondent mal aux traitements pharmacologiques», rappelle Shirley Fecteau, professeure au Département de réadaptation et chercheuse à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec-Université Laval et au Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS). Les études menées sur le sujet suggèrent que la STCC pourrait agir sur l’humeur, la perception des émotions, la prise de décision, la mémoire et la résolution de problème. Des essais cliniques ont démontré son potentiel dans le traitement des dépressions sévères. «On pense aussi qu’elle pourrait atténuer les migraines et la dépendance à certaines substances. Par contre, on ne sait pas encore exactement comment la STCC agit sur le cerveau», ajoute-t-elle.

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