Insomniaques et travailleurs de nuit, unissez-vous!

Selon cet article de Jean-François Cliche paru dans Le Soleil, insomniaques et travailleurs de nuit partagent une même vulnérabilité — le manque chronique de sommeil nuit à la santé, quelle qu’en soit la cause — sans pour autant être dans la même situation. Charles Morin, chercheur au Centre de recherche CERVO, rappelle que l’insomnie est surtout associée à l’hypertension, au diabète de type 2 et à la dépression, cette dernière pouvant être à la fois une cause et une conséquence du trouble; chez les travailleurs de nuit s’ajoutent l’obésité, des problèmes cardiaques et certains cancers, et les risques s’accentuent avec les années. Un mécanisme commun explique une partie du portrait : un système nerveux sympathique trop actif, qui fait grimper la pression artérielle. Mais le travail de nuit a sa propre particularité, soit le désalignement des horloges biologiques — l’horloge circadienne centrale demeurant rigide pendant que les horloges périphériques suivent la lumière —, auquel s’ajoutent des habitudes comme manger davantage la nuit, un facteur d’obésité. Une étude de 2021 auprès de quelque 33 000 employés d’hôpital illustre la nuance : le travail de nuit multipliait par 2,5 le risque d’insomnie, mais 84 % de ces travailleurs n’en souffraient pas.

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