Nos travaux des dernières années ont démontré l'importance d'un aspect de cognition sociale nommé théorie de l'esprit, qui désigne la capacité à bien évaluer les états mentaux des autres comme leurs intentions, leurs connaissances, leurs croyances ou leurs émotions. Nos travaux démontrent que cette habileté est affectée même chez des jeunes adultes chez qui la schizophrénie vient d'être diagnostiquée (ex : Achim et al, 2012; Achim et al, 2013), et que ces difficultés sont fortement liées au fonctionnement quotidien de ces personnes. Comme la théorie de l'esprit est une habileté complexe qui implique plusieurs processus cognitifs (Achim et al., 2013; Achim et al., 2013), nos travaux visent maintenant à distinguer les processus en jeu.
Contexte de nos travaux
La schizophrénie est un trouble psychotique qui débute à la fin de
l’adolescence ou au début de l’âge adulte. Elle affecte considérablement les compétences
sociales, menant à des difficultés au plan du fonctionnement académique, professionnel et social.
Malgré les traitements actuels, ces difficultés de fonctionnement persistent à long terme. Ainsi, alors que la schizophrénie en phase aigüe est classée comme la maladie
la plus incapacitante (1er rang) dans l’étude Global Burden of Diseases 2010, elle apparait au 9e rang en
phase de rémission , étant donc considérée comme plus
incapacitante que le cancer ou la maladie de Parkinson. Optimiser le rétablissement
fonctionnel et la qualité de vie de ces personnes, au-delà de la rémission des
symptômes psychotiques, est un objectif majeur de la recherche actuelle en schizophrénie.
Or, nous savons maintenant que ce ne sont pas simplement les symptômes psychotiques
résiduels (par exemple, les hallucinations ou les délires) qui déterminent les difficultés de
fonctionnement en SZ. Le fonctionnement quotidien de ces personnes est plutôt
lié à des difficultés de cognition sociale. La cognition sociale désigne
l'ensemble des processus cognitifs qui permettent de comprendre les autres et d'interagir
avec eux. Comme aucun traitement n’est actuellement homologué pour cibler les déficits
de cognition sociale, il est primordial de mieux comprendre les
difficultés de cognition sociale qui nuisent au rétablissement fonctionnel des personnes atteintes
de schizophrénie afin d’améliorer les évaluations et les interventions pour ces difficultés.
Nos travaux sont importants à la fois pour bonifier les modèles
théoriques de la cognition sociale normale, pour comprendre l'impact de la cognition sociale
lors de vraies interactions sociales et pour discerner les déficits de
cognition sociale présentés dans différentes populations cliniques. Ultimement, nos travaux visent à favoriser
le rétablissement fonctionnel et la qualité de vie de ces personnes.


